Dans cette section vous trouverez:
Que traitons nous?
Comment
ça marche?
Les
profils de traitement
Que
traitons-nous ?
Ce que nous traitons est un accident de décompression
bien sûre (appelé DCI ou Bends) mais si on s’y
intéresse un peu plus, que cherchons nous à faire ?
Pour commencer, suivant des facteurs variés mais principalement
le temps écoulé entre la manifestation des premiers
symptômes et le traitement, nous ne nous trouverons pas en face
du même problème à résoudre. Pour pouvoir
s’adapter au mieux à la situation présente, un
certain nombre de profils de traitements ont été développés
et les principaux utilisés pour le traitement des accidents
de plongée sont l’USN
TT6 , l’USN TT5
et la Comex 30.
La source du problème étant majoritairement un excès
de gaz inerte dans le corps du plongeur pour la pression à
laquelle il se trouve (normalement à la pression atmosphérique).
Cet excès de gaz inerte vas donc commencer à former
des bulles qui à leur tour vont commencer à abîmer
le corps du plongeur.
Ainsi, beaucoup de plongeurs croient que les caissons hyperbares sont
utilisés pour écraser ses bulles et les dissoudre à
nouveau dans le sang et les tissus. Mais en réalité
ce n’est pas le cas. Lorsqu’un plongeur reporte la présence
de symptômes s’apparentant à un cas de «
bends » et qu’il est rapidement re-comprimé dans
un caisson, là nous pouvons chercher à combattre les
bulles et limiter leur formation mais en aucun cas il sera possible
de re-comprimer les bulles déjà formées pour
les faire disparaître ! Ceci sera le rôle de l’oxygène
et non de la pression seule.
Dans le cas où le plongeur à hésité à
se faire immédiatement examiné par un docteur hyperbare
à l’apparition des premiers symptômes et à
préférer attendre un voir plusieurs jours, dans ce cas
là grande sont les chances pour que les bulles aient déjà
été dissoutes et expirées par les poumons. Mais
attention, ne plus avoir de bulles présentes ne signifie pas
pour autant que le plongeur se sentira mieux et encore moins qu’il
est guéri ! Dans ce cas nous n’avons plus à nous
soucier des bulles puisqu’elles ne sont plus là mais
plutôt des dégâts causés par elles.
Un de mes collègues à l’habitude de comparer très
justement ce phénomène à une blessure par balle,
une bulle étant une « balle » et « la plaie
» les dégâts laissés par les bulles. Donc
en fin de compte la question est : si un jour vous vous retrouvez
victime d’un coup de feu et que la balle ne fait « que
» vous transpercer et ressort, allez vous vous coucher en pensant
que ça ira mieux demain ou bien irez-vous voir un médecin
compétant pour ce genre de problèmes ?
Je sais que ça parait une question idiote mais un accident
de décompression met un plongeur dans cette exacte même
situation et nombreux sont ceux qui ne comprennent pas ce qui se passe
et choisissent d’attendre, amenuisant ainsi leurs chances de
rétablissement total. Alors si un jour après une plongée
quelle qu’elle soit vous découvrez des symptômes
possibles d’accident de décompression, N’ATTENDEZ
PAS pour vous faire examiner par un médecin spécialisé
et compétant.
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Comment
ça marche?
Encore une fois, le traitement utilisé
dépendra du lapse de temps écoulé entre l’apparition
des symptômes et l’évaluation du plongeur par un
médecin hyperbariste.
Mais l’idée générale derrière les
traitements hyperbares est la même. Un traitement vise à
éliminer l’excès de gaz inerte (généralement
azote) présent dans le corps du plongeur (action sur les bulles).
Dans le même temps, de l’oxygène pur sera administré
au patient à travers un masque, ce qui a aussi pour effet d’accélérer
le métabolisme et encourager la création de nouveaux
vaisseaux sanguins vers les zones en manque d’oxygène
suite à l’action destructrice des bulles (action sur
les dégâts créés par les bulles).
Cela dit, comme tous les médicaments suivant la dose administrée,
l’oxygène peut devenir toxique. Ceci est contrôlé
dans un caisson en limitant la pression partielle de l’oxygène
inspiré à un maximum absolu de 3 atmosphères
(atm) ou bar (b). En comparaison, si vous êtes déjà
qualifié pour plonger au nitrox, vous savez que les pression
partielles d’oxygène maximum autorisées à
inspirer sous l’eau sont respectivement 1,4 atm et 1,6 atm pour
la planification des plongées et le maximum. Cette différance
entre les maximums autorisés vient principalement du fait que
lors d’un traitement nous soyons dans un environnement d’air
et non de liquide comme en plongée.
Ainsi la profondeur du traitement est donc dictée par la pression
partielle de l’oxygène dans la mixture de gaz administrée
au plongeur (<3 atm) et non par la sévérité
des symptômes ou la profondeur de la plongée effectuée
menant à l’apparition de symptômes. Ceci est une
grosse incompréhension dans le milieu de la plongée.
C’est pourquoi les traitements typique pour un cas de «
bends » re-compressent les occupants du caisson à 18
mètres d’eau de mer (60 pieds d’eau de mer) où
ils peuvent inspirer de l’oxygène à une concentration
de 100%, ce qui correspond à une pression partielle de 2,8
atm, laissant une petite large de sécurité supplémentaire
de 0,2 atm.
Pourquoi ne pas traiter plus ou moins profond ?
Traiter à une profondeur moindre n’introduirait pas autant
d’oxygène dans le corps du plongeur, limiterai les résultats
et augmenterai les risques de séquelles à long terme.
D’un autre coté, traiter plus profond (pression supérieure)
est possible dans certain cas spécifiques qui pourraient en
bénéficier, malgré les risques additionnels inhérent
à de plus grandes profondeurs (narcose pour l’attendant
du caisson, toxicité de l’oxygène…). Mais
un tel traitement nécessitera aussi d’autres mixtures
de gaz pour les occupants car comme vous l’avez déjà
vu, respirer de l’oxygène pur n’est possible que
jusqu’à 20 mètres d’eau de mer. Une mixture
d’oxygène et d’hélium est donc utilisée
à une concentration de 50/50, permettant cette fois d’atteindre
une profondeur de 50 mètres d’eau de mer si nécessaire
avant de retrouver notre pression partielle d’oxygène
maximale de 3 atm.
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Les
profils de traitement
Des profils de traitement ont été créés
par différentes organisations. Aujourd’hui, les profils
les plus communément utilisés pour le traitement des
accidents de plongée trouvent leur origine dans la marine Américaine.
Une compagnie Française appelée La Comex à aussi
développé un traitement appelé La Comex 30 pour
comprimer les plongeurs à 30 mètres d’eau de mer
(100 pieds d’eau de mer). Les profils de traitement déterminent
la durée, la pression (profondeur), la mixture de gaz à
administrer et les vitesses de descente et de remontée pour
un traitement donné.
Profil
de l'US Navy TT6:
Le profil de traitement le plus usité
initialement est l’US Navy TT6. Ce profil comporte deux
niveaux avec une profondeur maximale de 18 mètres et
une intermédiaire à 9 mètres. Vous noterez
l’intermittence entre les périodes ou le plongeur
respire de l’oxygène pur ou l’air ambiant
du caisson. Ceci vise à encore diminuer le risque de
toxicité à l’oxygène, à la
fois au niveau pulmonaire et au système nerveux. Le profil
de traitement US Navy TT6 dure approximativement 4h45 minutes
plus le temps de descente de la surface à 18 mètres
(3 à 10 minutes).
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Profil de l'US Navy TT5:
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Le profil de traitement US Navy TT5 est principalement
utilisé comme traitement de suivi lorsqu’une amélioration
satisfaisante à été obtenu à la
suite d’un ou plusieurs traitements suivant le profil
de l’US Navy TT6.
Ce traitement est basé sur les mêmes profondeurs
que l’US Navy TT6 mais avec des durées inférieures
passées à chaque profondeur. Il peut aussi être
utilisé comme traitement de test lorsqu’il n’est
pas possible de totalement exclure ou confirmer l’appartenance
des symptômes présents à un accident de
plongée. En effet, parfois la seule façon d’être
sure et de ne pas manquer de traiter un cas de « bends
» est de faire une re-compression d’essai.
Ce type de traitement peut aussi être administré
à un plongeur qui aurait fait surface en ayant oublié
d’effectuer des paliers de décompression obligataires
en accord avec son plan de plongée même si aucun
symptôme n’est encore présent. Ceci serait
un traitement préventif pour éviter la formation
de bulles dangereuses très susceptibles de se former
dans ce cas. Le profil de traitement US Navy TT5 dure approximativement
2h15 minutes plus le temps de descente de la surface à
18 mètres (3 à 10 minutes).
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Profil de la Comex 30:
Le profil de la Comex 30 est utilisé
dans des cas plus sévères lorsque l’état
du plongeur accidenté continu toujours à se dégrader
à 18 mètres d’eau de mer après avoir
commence avec le profil de l’US Navy TT6. Dans ce cas
il n’y a pas d’autre choix que de descendre à
la profondeur où les symptômes se stabilisent pour
éviter toute aggravation. Pour ce faire, il sera nécessaire
de changer la mixture de gaz introduite dans le masque du plongeur
de l’oxygène pur à un mélange nitrox
(50/50) mais l’idéal restant un mélange
héliox (hélium/oxygène 50/50). Ce changement
sera effectué à 18 mètres d’eau de
mer et vise à limiter les risques de toxicité
à l’oxygène.
D’autres précautions vont être nécessaires
relatives au personnel de caisson (attendant) qui sera exposé(e)
à la narcose en respirant l’air ambiant du caisson
à une profondeur de 30 mètres d’eau de mer.
Le deuxième cas dans lequel ce type de traitement peut
être bénéfique est lorsqu’un plongeur
accidenté peut être traité très tôt
après l’apparition des premiers symptômes
(quelques heures). A ce moment là, un accroissement de
la pression peut s’avérer bénéfique.
Le profil exposé ci-dessous est celui de la Comex 30
modifiée qui une fois à 18 mètres d’eau
de mer, permet de se baser sur un profil bien connu des opérateurs
de caissons qui est l’US Navy TT6.
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